1963, dans la ville portuaire de Yokohama. Entre deux lycéens, une histoire d'amour naît, tandis que le pays se relève péniblement de la Guerre. Ils font partie d'une nouvelle génération partagée entre son désir d'aller au-devant d'un futur prospère et celui de cultiver les héritages du passé, qui font d'eux ce qu'ils sont.
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La Colline aux Coquelicots
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Si tu tends l’oreille… tu entendras les coquelicot
Yokohama – 1963
À la veille des Jeux Olympiques de Tôkyô, l’histoire de « La colline aux coquelicots » narre la rencontre de Shun et Umi, deux adolescents du lycée Konan. Durant les 91 minutes du film, nous apprendrons à mieux connaître leur quotidien. Umi, qui est souvent appelée Meru, en référence à la traduction française de son prénom (Umi signifiant océan/mer), est une jeune fille dynamique et travailleuse qui n’oublie jamais de lever les drapeaux de signalisation maritime tous les matins en souvenir de son père disparu en mer. Shun s’occupe du club de littérature du lycée et entraînera Umi dans la rénovation du « Quartier Latin », la maison abritant les différentes associations du lycée.
La famille Miyazaki se serait-elle réconciliée ?
Après un « Conte de Terremer » à la production mouvementée durant laquelle le père et le fils ne se sont presque pas parlés, on a droit ici, finalement, à la première vraie collaboration entre les deux. Et cela se voit immédiatement. Alors que Terremer avait un côté complètement original, que ce soit dans le dessin mais surtout dans l’ambiance et dans le traitement des thèmes abordés, « La coquille aux coquelicots » m’a rapidement fait penser à « Si tu tends l’oreille » ou du moins aux souvenirs que j’en ai. De même, l’histoire elle-même est plus dans l’esprit des Ghibli « tranche de vie » comme Omoide Poroporo (Souvenirs goutte à goutte) avec une intrigue mêlant un quotidien banal ou presque avec des réflexions plus profondes sur la vie et les événements qui arrivent par hasard (ou pas).
Le design de ce film d’animation est clair, agréable mais classique. La patte du studio est présente dans chaque image avec cette qualité d’image. Je l’ai d’ailleurs vu en numérique et l’image est tellement nette et précise que j’ai mis plus de 10 minutes avant de ne plus voir le grain de l’écran sur lequel il était projeté ! Les personnages ont un design reconnaissable dans le sens où on ne confond pas les personnages (sauf quand cela sert l’histoire mais chuuut…) néanmoins j’ai cette sensation étrange de déjà-vu, comme si le personnage d’Umi était joué par une actrice déjà engagée dans d’autres films du Studio Ghibli.
Une ambiance attachante… progressivement
Cependant, la grande force du film est sa capacité à tisser des liens forts entre le spectateur et les protagonistes. Je dois avouer que les 20 ou 30 premières minutes instaurant uniquement la routine des héros m’ont fait me demander où Miyazaki-junior en tant que réalisateur et Keiko Niwa ainsi que Miyazaki-père dans leur rôle de scénariste voulaient en venir. Heureusement, « l’action » principale du film, le sauvetage du « quartier latin » monte en puissance juste avant l’ennui du spectateur. Mieux, c’est à la fin du film qu’on s’aperçoit que c’est grâce aux premières minutes que l’on a pu s’attacher si fortement à Umi et Shun. Grâce à ses intrigues simples mais poignantes (même si un peu tirée par les cheveux pour l’une des 2), le scénario arriverait presqu’à nous arracher une petite larme (j’ai dit presque !).
Cette réussite est aussi due à l’ambiance générale du film. Entre tranche de vie intéressante grâce au cadre de ce Tôkyô pré-olympique nous montrant à quel point certaines choses n’ont pas changé, découverte de ses racines ou synergie entre les lycéens qui se battent pour un but commun, le film dépeint des scènes normales tout en maintenant une forte empathie du spectateur pour ses protagonistes. La musique a clairement un grand rôle à jouer là-dedans, selon moi. J’écris cette critique en écoutant la chanson principale du film. La voix presque brumeuse de Aoi Teshima (déjà interprète de la chanson de Terremer et doubleuse de Teru dans ce dernier) illustre parfaitement l’ambiance légèrement éthérée des parties plus mystérieuses du film.
Conclusion
Ce nouveau film Ghibli ne restera pas, du moins pour ma part, dans les meilleures œuvres du studio mais l’équipe du film parvient à nous faire nous attacher progressivement, presque sans qu’on s’en rende compte, aux protagonistes et particulièrement aux 2 jeunes héros. Malgré un début un peu lent à démarrer, on s’attache à Shun et Umi dans leur entreprise de sauvetage de leur bâtiment et dans la découverte de leur passé. Les personnages secondaires, la musique et la réalisation soutiennent cette empathie croissante et, finalement, c’est avec un peu de regret et une étrange nostalgie qu’on quitte la salle.
Des valons, la colline… à bicyclette...
Quelle idée me direz-vous de vouloir parler d’un Anime Book Picture et surtout dans une chronique manga surtout lorsqu’il s’agit d’une des productions du Studio Ghibli… Et après un tel titre de chronique…
Figurez-vous qu’il m’a permis de faire découvrir à des personnes de mon entourage plutôt éloignées de la mouvance manga un univers esthétique qu’ils n’auraient pas osé allez voir en salles obscures ou même confortablement installés dans leur salon.
Et je vous avoue franchement qu’une des forces de ses ouvrages c’est dans mettre plein les yeux. Certains sont malheureusement réfractaires au rendu noir et blanc de coups de crayons distribués ô combien habilement (et ça nous le savons). Autre point qui m’est apparu à la lecture, c’est qu’il permet d’aborder l’histoire sans s’encombrer des longueurs cinématographiques pour remplir 1H30. Surtout quand c’est une œuvre signée Goro Miyazaki et même si Hayao surveille de très près, Les Contes de Terremer sonne comme un claquement de porte si vous voyez ce que je veux dire.
Alors je me suis dit après Ponyo ou encore Arrietty pourquoi ne pas réitérer l’aventure avec le dernier-né des studios Ghibli. Et même si le charme et la couleur musicale vous échappe, on passe un très bon moment, certes fugace mais au moins on ne pourra se plaindre des étirages. Et je vous avoue que n’ayant pas encore vu le film je sens que le défilement de la pellicule pourrait être un peu long.
En effet, adieu univers chimérique, onirisme débordant de fantastique. Ici, nous sommes dans une histoire vraie au contexte historique soigné où l’on se prend d’affection pour des jeunes gens et leurs amours adolescentes. Toutefois, chose étonnante on a l’impression qu’au terme des pages rien ne s’est réellement passé. La caméra se fixe tellement sur le quotidien des personnages que quand l’intrigue surgit c’est pour aussitôt se conclure .Peut-être à cause du support ? Il me rappelle indéniablement Mimi o Sumaseba ou Si tu tends l’oreille de 1995 (vous savez celui qu’on attend toujours en France depuis son annonce…) mais sans l’immense talent du regretté Yoshifumi Kondo dans sa narration…
En somme, j’ai passé tout de même un beau moment grâce aux sublimes pages en couleurs qui composent le livre toutefois j’ai conscience que son prix reste rédhibitoire surtout quand vous vous dites que pour environ 10 euros vous accéderez à version cinématographique…
























