Interview de Jean-Marc Boyer de Total Manga

Dans le cadre de la sortie prochaine du magazine Total Manga, j'ai profité d'avoir pu consulter la revue avant sa sortie officielle le 29 septembre pour poser quelques questions à Jean-Marc Boyer, directeur éditorial et marketing de TM concernant son dernier bébé. L'occasion de revenir sur un projet audacieux dans un contexte économique franchement morose et où lancer un magazine gratuit dans un secteur ravagé, sans groupe de presse derrière soi, relève de l'audace pure.

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Dragon Quest IX in Paris 2

C'est par un bel après-midi de fin d'été que les administrateurs de ffring, un cercle de fans de Final Fantasy nous avaient donné rendez-vous au Jardin de Reuilly pour se tirer la bourre sur Dragon Quest IX... !? Pardon ? Eh oui, pour jouer à Dragon Quest, pas à Final Fantasy... Bref. Toujours est-il que, attiré par l'idée de tester le mode online de son nouveau RPG favori (et un peu séduit par l'idée de récupérer une carte inédite et un goods), votre dévoué serviteur s'est pris par la DS et a décidé de se lever aux aurores pour s'y rendre et vous décrire l'expérience.

Nous étions nombreux à DQIX in Paris 2

Un après-midi d'été, on avait trouvé un moyen de locomotion...

Après quelques stations de RER et de métro, qui m'ont permis de grappiller un petit niveau supplémentaire, me voilà à quinze heures au Jardin de Reuilly comme indiqué par les organisateurs. Devant moi, une étendue d'herbe parsemée de gens plus ou moins habillés et, dans un coin, un groupe de personnes debout, lourdement vêtues et tenant toutes une DS entre les mains... aurais-je trouvé mes nouveaux amis ? Quelques gluants disséminés pour délimiter une zone achève de me convaincre. Me voici arrivé sans encombre à Dragon Quest IX in Paris – Second Edition ! Un rapide tour de pré me permet de découvrir quelques e-visages connus comme Bastien, le G.O. De la éjourne ou le webmestre de dragonquest-fan, très logiquement à sa place ici, où encore celui de total-manga.com !

Une IRL pour faire du online ?!

À peine arrivé, les hostilités commencent. C'est qu'il faut rentabiliser le temps passé loin du salon pour engranger des clients pour mon auberge d'Ablithia ! L'option marche nickel et vas-y que j'te cause à de nouveaux joueurs qui te file une carte-d'antre-de-haut-niveau-que-tu-vas-voir-pour-leveller-c'est-mortel... Les joueurs sont de tous niveaux, aussi bien des débutants avec quelques heures de jeu à leur actif que des hardcore gamer qui affiche fièrement un +1 à côté du nom de leur perso. L'ambiance est au beau fixe et tout le monde est très gentil, les conseils pleuvent et chacun peut poser sa petite question qui le taraudait depuis si longtemps. Quelques groupes se montent pour aider les joueurs bloqués par un boss trop coriace... C'est vrai qu'on doit moins faire le malin quand on se retrouve face à 3 niveau 99 !

Le temps de laisser les retardataires arrivés, les officiels de chez Nintendo et SquareEnix se manifestent discrètement pour nous annoncer quelques sympathique nouvelle comme l'assurance de repartir avec une carte permettant d'affronter Malroth ! Bref, une fois les amuse-gueules digérés, il est temps de se préparer au vrai jeu. Mais c'est alors que revoilà la sous-préfète ou en tout cas sa représentante puisque de gentils agents de l'État viennent gentiment nous signaler que nous sommes trop nombreux et qu'il faut partir !

C'est encore loin Grand Schtroumpf ?

Vive réaction des organisateurs qui ne se démontent pas et nous guident vers le jardin de Bercy. Nous voilà donc en route pour un nouvel eldorado où nous pourrons assouvir notre passion sans subir l'ire des autorités. La marche est un peu longue (une dizaine de minutes) mais une fois arrivée, la satisfaction n'en est que plus grande ! Que de fierté face à cette étendue qui s'offre à nous et nous permettra de nous organiser comme bon nous semble. Rapidement, les groupes se forment. D'aucuns décident de multiplier les démarchages – après tout, nous sommes plus de 100 – d'autres préfèrent tester les joies du dungeon crawling avec de vraies gens. Puis vient la rumeur que la belle Bianca – de DQ V, serait à l'auberge... Interruption de donjon le temps de la récupérer. Et hop, 50 démarchages, une nouvelle distinction et un hôtel rénové. Quelle joie !

Satisfaction garantie et amitiés naissantes

Le temps de se faire dézinguer quelques fois dans les tréfonds d'un donjon niveau 80 et c'est déjà la fin de l'après-midi. Peu à peu, les joueurs se sont dispersés tels les pétales du cerisier de la jeunesse. Mais tous repartent la tête pleine de souvenirs joyeux et surtout la console chargée de nouveautés (mais la batterie vidée). Sans compter le petit cadeau bonus de Nintendo, une petite figurine porte-clé de DQ ! Bref, cette seconde édition de Dragon Quest IX in Paris fut clairement une franche réussite. Les joueurs avaient répondu présent, les organisateurs ont su se montrer sympathique, réactifs et disponibles et tout s'est déroulé dans une bonne ambiance fleurant les premières conventions d'antan... Rendez-vous en octobre pour vous faire votre propre idée à l'occasion de la troisième édition !

En cliquant sur les images, vous accèderez à l'album photo de la journée. Le test de Dragon Quest IX est à venir. Enfin, merci à Nintendo, Square Enix et FFRing (surtout Bastien) pour cet évènement très réussi.

Conférence GANTZ : Manga et Live Action Movie !

Ce dossier vous propose de (re)vivre la conférence Gantz qui s'est tenue à Japan Expo 11, en présence de l'éditeur du manga, du producteur du film live qui sortira en 2011 et d'une des actrices du film. En présence de l'éditeur manga de Gantz, Mr Atsushi Nakamura, de Sébastien Agogué, attaché de presse de Tonkam (l'éditeur français du manga) et d'un traducteur, la conférence s'est déroulée dans la partie COMIC'CON, dans la salle de conférence 1.

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La Saint-Valentin et le White Day

Aujourd'hui 14 mars, c'est le White Day. L'occasion rêvée donc pour revenir sur un phénomène de romantisme et d'amour désintéressé, la Saint Valentin au Japon. Non pas que ce soit mieux ailleurs mais bon, sur un site dédié au manga, on va pas parler de la « Saint Val' » en Uruguay ! Bref, préparez-vous à tout découvrir sur cette fête qui tient une place si importante dans les mangas. C'est parti, Cupidon !

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Salut ! Son Gokû et ses amis sont de retour !!

On se souvient tous qu'en 2008, pour fêter les 20 ans de l'animé de Dragon Ball Z, Toei Animation a réalisé un nouveau film d'animation, près de 10 ans après la fin de la série. Son titre évocateur Son Gokû et ses amis sont de retour rappelle le caractère exceptionnel de l'affaire et les quelques visuels lâchés à l'époque sur Internet avaient tôt fait de susciter l'excitation et l'attente chez les fans. Alors certes, le film a été diffusé pendant 2 mois sur Internet, y compris en sous-titré français, mais c'est à l'occasion de la sortie DVD, intervenue cet hiver, que Mangavore revient sur ce film pour répondre à la question essentielle : Le film comble-t-il 10 ans d'attente ?

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One Piece Strong World

Fort de ses presque 15 ans d'existence (10 en anime) et de ses 240 millions d'exemplaires vendus, One Piece a parcouru son Grand Line à lui pour s'imposer comme le roi des mangas ! Et pour bien enfoncer le clou le dixième film cinéma, sorti en décembre 2009 dans les salles obscures nippones, débarque en France le mercredi 24 août 2011 sur grand écran ! One Piece : Strong World ou le dénouement d'un complot vieux de 20 ans, rien que ça !! 

Attention ! L'article qui suit révèle de nombreuses informations cruciales sur l'intrigue de One Piece. Vous voilà prévenus, vous lisez la suite en connaissance de cause !
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Entretien avec Sébastien Ruchet de Nolife

Dans le cadre du lancement de Nolife Online, Mangavore s'est entretenu avec Sébastien Ruchet, le monsieur qui fait des messages bizarres à l'antenne. Au programme, explications, révélations, confirmations... Que du bonheur, quoi !

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Bonjour Sébastien, peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour, je suis Sébastien Ruchet, le président de Nolife. Nolife est une chaîne sympathique qui parle des sujets qui nous tiennent à cœur, comme la musique et la culture japonaise, les jeux vidéo nouveaux comme rétros, l'informatique et tout plein d'autres choses encore. : )

Pas la peine de faire le point sur la situation, entrons dans le vif du sujet : Quels sont les nouveaux services que fournira le site de Nolife ?

Rappellons quand même que le problème de Nolife, c'est qu'elle n'est diffusée que sur l'ADSL. Et malgré nos efforts depuis plus de deux ans, nous n'arrivons pas à être repris sur le câble ou le satellite, alors que c'est ce qui nous manque pour pouvoir vivre de la publicité.

Face à cette impasse, nous avons ouvert un service d'abonnement sur notre site. Attention, la chaîne reste gratuite sur toutes les box ADSL, exactement comme avant. Mais un abonnement sur notre site permet d'avoir accès en ligne aux émissions de la chaîne (des plus anciennes aux plus récentes)... Et c'est ça qui va permettre à Nolife de pouvoir continuer à émettre gratuitement sur l'ADSL.

Impressionnant, quand peut-on espérer y accéder ?

On vient d'ouvrir hier après-midi ! ^^

la chaîne reste gratuite sur toutes les box ADSL, exactement comme avant

Quels sont les différents abonnements proposés ?

il existe deux abonnements : une formule à 3 euros par mois qui donne accès à tous les programmes de la chaîne sur les 12 derniers mois et la forule archive à 5 euros par mois qui permet à l'abonné d'accèder à l'intégralité des programmes disponibles depuis le lancement de NoLife. Enfin, il existe la formule Soutien qui permet de prendre un abonnement Archives en choisissant soi-même le montant de l'abonnement (à partir de 70 €) pour afficher ouvertement votre soutien à la chaîne

Quels sont les modes de paiement qui seront acceptés ?

On a essayé d'en proposer le plus possible : carte bancaire, paypal, mais aussi tous les services audiotels surtaxés.

Je précise que ces services surtaxés sont plus coûteux du fait des commissions des opérateurs, donc si vous avez le choix privilégiez plutôt la carte bancaire pour vous abonner : c'est le plus économique.

Quels ont été les principaux écueils avant de réussir à mettre cette solution en place ?

si vous avez le choix privilégiezla carte bancaire : c'est  plus économique

Il faut voir qu'on travaille déjà très très dur à essayer de faire une belle chaîne de télé, et là il a fallu qu'on développe toute une infrastructure de paiement et de vidéo. C'était énorme, et ça nous a pris tout l'été. Mais ça marche. : )

Avec le nouveau site, on a vu un nouveau logo et une nouvelle charte graphique, la chaine sera-t-elle concernée par ce lifting ? Quel est le but derrière cette mise à jour ?

On avait bien envie d'un nouveau logo et on a harcelé pendant longtemps des designers, jusqu'à enfin trouver quelque chose qui nous plaise beaucoup. On l'utilise déjà pendant les festivals et sur le site, il sera bientôt là à l'antenne. : )

Au passage, quelques infos croustillantes sur la grille de la rentrée peut-être ?

Il est bien possible qu'on aille encore plus loin dans la présentation de la culture japonaise.

Je ne peux pas encore donner tous les détails, mais on dirait bien qu'une nouvelle émission tout droit venue du Japon vienne enrichir la grille dès la rentrée le 7 septembre.

Notre magazine 101% aussi va évoluer avec de nouvelles rubriques. Quand au magazine "Classé 18+", il va passer en bi-mensuel (NdR : 2 fois par mois). Et bien sûr, il y a aussi le projet top secret de la nouvelle émission de Davy, mais chut... ; )

Merci d'avoir répondu à nos questions et à bientôt

A très bientôt !

En marge de cet entretien, Mangavore incite bien évidemment tous les mangavores qui aiment Nolife à montrer leur soutien en s'abonnant au service Nolife Online.

Dragon Ball Kai, Goku back 4 good ?

À l'occasion des 20 ans de Dragonball Z, le studio Toei Animation redonne un second (énième) souffle à sa série phare, championne toutes catégories des come-backs incessants. Dragon Ball Z Kai se veut la version HD remasterisée et condensée de l'anime culte créé par Akira Toriyama. Alors ? Faut-il regarder DBZ Kai ? Faut-il jeter votre Box DVD intégral 117 épisodes fraichement achetée ?

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Interview de Atsushi Ohkubo

Dans le cadre du Salon du Livre de Paris qui se tenait Porte de Versailles du 13 au 18 mars 2009, les éditions Kurokawa - la branche manga de Fleuve Noir - avaient invité Atsushi Ohkubo, l'auteur de Soul Eater pour lancer le titre en grandes pompes. À cette occasion, le jeune mangaka s'est bien volontiers plié au jeu des séances de dédicaces et d'interview. Mangavore.fr l'a rencontré pour parler de son parcours et de son oeuvre.

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Rencontre avec Tetsuya Tsutsui

À l'occasion du Salon du Livre de Paris qui se tenait du 23 au 27 mars 2007 à Porte de Versailles, les éditions Ki-oon nous ont fait l'immense bonheur d'inviter Tetsuya Tsutsui, jeune auteur phare de leur catalogue. Pas prétentieux pour un sou, le jeune homme a accepté de nous rencontrer en compagnie Cécile et Ahmed (de Ki-oon, faut suivre enfin !) pour un entretien où nous sommes revenus sur sa carrière et les oeuvres marquantes que sont Dud's Hunt, Reset et Manhole.

Tout d'abord, bonjour M. Tsutsui.

Bonjour.

Pourriez-vous vous présenter pour les lecteurs français qui ne vous connaissent pas encore ?

Je m'appelle Tetsuya Tsutsui. Je n'ai pas encore sorti de “gros titre” au Japon, mais je suis super fier que les lecteurs français aient adopté mes œuvres aussi facilement.

Justement revenons sur votre parcours un peu. Pouvez-vous nous parler de vos influences graphiques et scénaristiques ?

Pour ce qui est du dessin, je me suis inspiré de Kamui Fujiwara (Raika, Dragon Quest - Emblem of roto) et de Katsuhiro Otomo ; pour ce qui est de la construction des histoires elle-même, ma référence absolue est Osamu Tezuka.

Comme vous le disiez, vous n’avez pas encore sorti de blockbuster au Japon, pourtant vous êtes déjà édité à travers le monde. Comment s'est passé la rencontre avec l'éditeur Square Enix ?

La grosse différence, c'est qu’avant d'avoir signé mon contrat avec Square Enix, je dessinais des mangas purement par plaisir. Je me réveillais la nuit avec une idée qui me turlupinait, je ruminais un certain nombre de choses que je n’aimais pas dans la société, et je dessinais des mangas sur ces thèmes. Depuis que je suis sous contrat avec Square Enix, j’ai toujours du plaisir à le faire mais c'est devenu un métier.

Vos œuvres sorties mettent en scène des personnages en proie aux dérives de la société. Est-ce un parti pris scénaristique ou une volonté de dénoncer ? Êtes-vous un auteur engagé ?

Je ne me considère pas comme un auteur engagé. Je n’ai pas l'intention d’être un donneur de leçon. Quand j’écris mes œuvres, c'est juste pour faire un constat sur la société japonaise telle que je la vois. Et en gros quand je donne le manga aux lecteurs, je veux leur dire : “Voilà mon idée de la société japonaise en ce moment, qu'en pensez-vous ?” C'est plus un constat que de la morale. C'est mon ressenti de la société japonaise.

Vos trois œuvres publiées en France ont un titre en anglais, c'est volontaire ?

Il n'y a pas de sens caché derrière tout ça. Comme vous le savez, il y a beaucoup d'anglicismes en japonais. Reset et Manhole sont des mots courants dans cette langue. Pour moi, ce sont des expressions usuelles, je ne les ai pas choisies pour une raison particulière.

Vos histoires sont ancrées dans le quotidien, est-ce un peu votre signature ou pensez-vous essayer d'autres genres comme la fantasy ?

Pour le moment, la fantasy n'est pas un genre qui m'intéresse spécialement. De nombreux mangaka talentueux s’y consacrent, je ne vois donc pas de raison de me pencher dessus. De plus, la plupart de mes idées me viennent du quotidien et de ce que je vis. Je vais donc continuer sur cette ligne moderne pour l’instant.

Comment s'est passée la rencontre avec Ki-oon ?

Ki-oon : En fait, nous sommes tombés sur son site Internet et nous avons trouvé son travail magnifique. Du coup, nous avons décidé de le contacter directement afin de savoir s’il était intéressé par une publication à l'étranger. Il a répondu à notre mail en nous disant qu'il était séduit et voilà. À cette époque, il commençait à peine à travailler pour Square Enix sur Reset.

Vous êtes encore un jeune auteur et pourtant vous êtes déjà publié dans de nombreux pays comme la France, l'Italie, Hong Kong, etc. Comment gérez-vous cet essor ? Avez-vous l'impression d'avoir changé ?

À la base, j'ai commencé ce métier par plaisir et je ne pensais pas qu’autant de personnes pourraient apprécier mon œuvre à travers le monde. Pour le moment, je me contente d’apprécier la chance que j’ai à sa juste valeur.

Le métier de mangaka est très difficile : rythmes de travail infernaux, peu de repos, peu de vacances… Maintenant que vous êtes chez un gros éditeur, si vous en aviez l'opportunité, seriez-vous prêt à travailler sur une grosse série hebdomadaire ?

J'ai un style de travail assez particulier car je pense mon scénario dans son intégralité avant de le dessiner puisque j’écris plutôt des histoires courtes. Le processus de prépublication d'un chapitre par semaine où l'intrigue peut durer 2 ans et s'allonger selon l'envie de l'éditeur ne me correspond pas vraiment. Éventuellement, je pourrais écrire une trame précise, prendre de l’avance et fournir ensuite à mon éditeur un chapitre chaque semaine. Mais de manière générale, le rythme hebdomadaire ne correspond pas à ma conception du travail de mangaka.

Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets ?

Mon prochain sujet sera quelque chose de plus sérieux. Il ne s’agira pas d’une histoire d'action ou d'horreur mais plutôt d'un documentaire. Ce sera sur un phénomène qui a eu lieu dans les années 50 aux États-Unis au moment du Maccarthisme, le « comic bashing ». À l’époque, les politiciens critiquaient beaucoup la bande dessinée américaine, pour eux si les choses allaient mal, c'était à cause des comics. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup donc je vais me pencher dessus.

Un petit mot pour vos fans français ?

C'est la première fois que je viens en France et je suis content de rencontrer le public français. Je prends conscience d’énormément de choses et j'espère que mes prochaines œuvres ne vous décevront pas !

Merci pour votre temps.

Yumemi, une grande histoire que je vais vous conter...

Il était une fois un festival organisé hors de nos contrées, dans une belle ville du nom de Lille. Ce festival avait pour but d'être axé japanimation et visual kei... Mais les rêves ont une fin, et celle-ci est bien triste ! Après moult incidents, et un festival devant durer initialement 3 jours, nous nous sommes retrouvés avec un festival annulé ; d’un concert de 6 groupes, nous sommes passé a un concert de 3 groupes... En peu de temps, le conte de fées s’est transformé en cauchemar infernal. Mais comme par un miracle inespéré, quelques concerts ont quand même eu lieu, voila le récit de notre épopée.

Voyage au bout de l'enfer

Lever à 6h40 pour moi et 7h pour Shu^_^ (elle voulait pas se lever la coquine ^_^). Hop, départ pour Gare du Nord d'où nous pourrons rejoindre Lille. Premier problème, on loupe notre train et, avec les intempéries du vendredi, le train d’après a une heure de retard, Nous arrivons donc à Lille avec une heure et demi de retard sur notre planning :’(

Arrivé à la gare de Lille-Flandres, nous rejoignons un groupe de Belges, fort sympathiques et bien vêtus ^_^ avec parmi eux une petite Bordelaise (faut le préciser quand même). Après un petit bonjour tout en couleur, direction la salle de concert... ou du moins ce qu’on pensait être une salle de concert. Car après avoir traversé Lille intégralement, nous nous retrouvons devant un café et, pouvant voir la « scène », on a eu bien peur ! Cette scène est minuscule :’( mais nous attendons dans un esprit bon enfant devant le cafe l’ouverture officiel des portes : Il est à peu près 11h et nous sommes huit personnes à attendre devant le café...

Nos ventres criant famine, Shu et moi partons acheter des pizzas pour tout le monde. Entre temps, Kido (un ami belge) nous gratifie d’un dvd ^_^ pour passer le temps, hop tout le monde en extase devant les video, et moi je peaufine ma culture en visual. ^_^

14h ! Des gens commencent enfin à arriver (ouais, on est pas les seuls ^_^). Les portes de la salle doivent ouvrir dans une heure. Finalement, ni les groupes ni Blood ne sont encore arrivés et l'attente se poursuit… Notons que personne du staff du « festival » n'est là non plus…

16h et beaucoup de poussière, les portes ouvrent enfin mais Kiwamu (guitariste de la formation Blood) nous demande de sortir, car il est assez enervé, ce qui se comprend parfaitement (je reviendrai sur les désastres de l’organisation en fin de compte rendu).

Vers 18h, début des concerts, le premier groupe est Doll Anarchy, une formation venant de l’Oise qui, malgré les nombreux problèmes techniques (je reviens là-dessus aussi à la fin) on assuré un petit show. Puis, suit M’A’D qui a fait une bonne prestation mais fut victime d’un accident technique (plus tard les explication j’ai dit)… Et enfin voila Blood qui arrive sur scène. Une bonne heure de concert explosif où le public était fou^_^. Une très bonne ambiance, une très bonne représentation ^_^ (pour moi ce concert fut un baptême et je ne regrette pas du tout). 22h, le concert s'achève et après, c’est une autre histoire… ^_^

Une organisation... ?

Commençons par l’organisation qui a été désastreuse au possible. Je m’explique…

Au début, il s'agissait d'un festival sur 3 jours et au final, il n’y a rien eu... et sans grande explication (beaucoup de débat ont lieu sur le forum de yumemi). La présidente n’ayant pas donné beaucoup d’infos, 3 groupes ont annulé leurs prestations (voir que Euterpia n’a eu aucune nouvelle de la présidente, même le jeudi soir, avant-veille des concerts). On nous promet une soirée visual jusqu'à 5h du matin, mais après le concert de Blood, nous avons été éconduits de la salle (les détails après)… Blood n’a pas été accueilli comme il se fallait à leur arrivée à Lille : ils ont du prendre le métro pour se rendre à la salle de concert…

Durant les concerts, les problèmes ont continué de plus bel. Le son beaucoup trop saturé sur les chansons de Doll Anarchy a fait souffrir nos pauvres oreilles. Un ampli mal équilibré est tombé en pleine représentation de M’A’D, et pour Blood, aucun prob ! J'rigole... Ils ont du emprunter un lecteur DVD à une fille du public pour passer le leur puisque le « staff » de Yumemi avait oublié le sien (ironie quand tu me tiens). Tout ceci s'explique simplement quand on découvre qu'aucun staff technique n'était présent et que le matériel a été installé par des bénévoles au dernier moment ! Enfin, comble du comble pour les visiteurs : avoir payé sa place en pré-vente et voir pendant le concert des gens entrer dans le café gratuitement…

Nuit de folie !

Je tient enfin à vous raconter la fin de soirée, qui a été pour Shu, nos amies belges et moi-même très intéressante puisqu'après avoir été jetés de la salle de concert – qui selon la présidente de Yumemi avait été louée jusqu'à 5h du matin – nous avons du dormir dans la rue ! En effet, la présidente nous dit que tout les cafés restent ouverts jusque tard dans la nuit, mais passé 2h du matin tous étaient fermés. Notre train était à 8h ou 11h, et le seul endroit ouvert toute la nuit nous a refusé car on avait des mineurs ce qui est compréhensible. Du coup, fort de notre soirée, nous avons du dormir pendant un certain temps dans un parking alors qu’il faisait froid et qu’il pleuvait. Finalement, vers 4h du matin nous avons pu squatter un hall d’hôtel (grand merci au réceptionniste qui nous a admis dans son enceinte)…

Donc voila, personnellement, j’en veux pas mal à la présidente qui nous a tous menés en bateau du début à la fin et grâce à qui nous avons dormi dehors… Ce n'était qu'un rapide aperçu des problèmes, largement plus expliqués et débattus sur le forum de Yumemi. Vous y trouverez même les groupes présents qui s'excusent pour la prestation qu'ils ont fournis... en lieu et place de la personne qui devrait !:

Au passage, je tiens à passer le bonjour à nos amis belges (Soufiane, Sophie, Julie, Jelly et Marie) et à notre bordelaise (Marion) avec qui on s’est bien amusés. Rendez-vous le 13 février pour Kagerou^_^

Interview du directeur de collection de Kana

Yves Schlirf

Rencontre avec Yves Schlirf, directeur éditorial de Kana, le label manga de l'éditeur belge Dargaud qui publie des titres aussi célèbres que Naruto, Saint Seiya - Les Chevaliers du Zodiaque ou encore Samurai Deeper Kyo.

Q : Pourriez-vous nous présenter votre politique éditoriale ?

Yves Schlirf : Vous trouverez déjà pas mal d'infos sur le site Kana, dans la rubrique édito Kana, politique éditoriale et dans le who's who de Yves Schlirf, directeur éditorial de Kana.
Kana s'est construit autour du shônen manga, un créneau qui était totalement libre à ce moment-là. La collection Kana comporte plusieurs labels : Shonen Kana, Shojo Kana, Dark Kana, Big Kana et Animé Kana.

Q : Avec l'arrivée en nombre de nouveaux éditeurs et près de 40% de sortie en plus par mois, d'après vous, le marché résiste-t-il bien ? Augmente-t-il ?

Y.S. : Oui, c'est assez impressionnant. Le marché résiste bien pour l'instant mais cela pourrait devenir tangent.
Kana est maintenant co-leader avec Glénat du marché manga, nous occupons chacun à peu près un tiers du marché.
Le marché a augmenté de 87 % par rapport à 2002 et est encore en train d'augmenter en volume.

Q : En avez-vous souffert ? Quelle est votre réaction face à ceci ?

Y.S. : Non, 2003 a été une excellente année pour Kana. Mais ma réaction face à cela est : attention ! Le marché est encore nouveau et cette nouvelle vague manga séduit de plus en plus d'éditeurs, c'est presque un nouvel eldorado où chacun veut sa part du gâteau. Certains éditeurs, qui dénigraient pourtant le manga jusqu'ici projettent maintenant d'en publier.
Il y a un vrai risque de voir le marché s'encombrer et étouffer. Seuls les bons éditeurs qui publient de bons livres pourront s'en sortir en définitive. Mais jusque là, on risque de voir apparaître plein d'éditeurs qui font n'importe quoi, n'importe comment et donc que le manga en général en pâtisse.

Q : Quels seraient, selon vous, vos atouts et aussi vos défauts pour affronter la rude concurrence qui s'annonce ?

Y.S. : Kana est présent depuis déjà quelques années et sa notoriété est très bonne.
Notre catalogue comporte de nombreux grands mangas, "Saint Seiya les Chevaliers du Zodiaque", "Hunter X Hunter", "Yu-Gi-Oh!", "Naruto", "Shaman King", etc.. Ils furent et restent des succès au Japon et ont souvent été adaptés en animé avec tout autant de succès et ce, au Japon, aux USA et en France... et ce n'est pas fini !
Kana est vraiment basé sur l'amour des mangas et des auteurs japonais. Nous avons pour eux un très grand respect et tout notre travail s'en ressent, je pense. Notre démarche est vraiment sincère et non pas uniquement dirigée par des motivations commerciales.

Q : Pensez vous que la prépublication soit viable en francophonie actuellement ? (Shônen collection, Tokebi mag et bientôt le Magnolia)

Y.S. : Développer un magazine coûte énormément d'argent, il faut donc des moyens financiers très importants. Et quand je parle de magazine, je ne pense pas à une simple compilation d'extraits de mangas mais à un vrai magazine qui contienne du rédactionnel.
Donc, si ces éditeurs bénéficient d'un bon soutien financier et qu'ils se donnent les moyens d'aller au-delà de la vague actuelle où le manga est à la mode et au centre de toutes les attentions, alors oui, ils seront viables.

Q : Que pensez-vous de l'exigence de respect du sens de lecture original, de l'utilisation de la couverture originale et du problème des onomatopées qui sont autant d'exigences des fans envers les versions francophones ?

Y.S. : Kana édite depuis le début dans le sens japonais et, en quelque sorte, nous avons servi de mètre étalon pour le marché! Les éditeurs japonais ont admiré notre façon de faire pour ensuite l'imposer aux autres éditeurs francophones!
Nous revendiquons vraiment l'édition dans le sens original car éditer un livre c'est d'abord le respecter et donc forcément tout faire pour que notre version se rapproche le plus possible de l'original. Respecter le sens de création du manga est donc quelque chose d'essentiel.
De même, la jaquette fait partie de l'habillage du manga au Japon, il nous semblait donc également naturel de garder cet élément même s'il fallait pour cela bousculer des idées reçues, des habitudes.
En ce qui concerne les onomatopées, elles ne sont pas seulement une indication sonore du manga, elles constituent de vrais éléments graphiques. Les enlever signifie donc que l'on casse la dynamique de la page, le rythme visuel et narratif de l'ensemble. C'est pourquoi, nous les laissons dans la page sans pour autant pénaliser les lecteurs qui ne peuvent pas les "lire" en plaçant une traduction bien intégrée à proximité.

Q : La demande pour les mangas de type « seinen » augmente, pensez-vous satisfaire ce public actuellement et que prévoyez-vous pour le futur ?

Y.S. : Kana a déjà "Monster", le summum du thriller, "Arms", et "Agharta" deux séries de qualité également. Nous en avons d'autres en préparation mais comme vous le savez les éditeurs japonais n'aiment pas que l'on vende la peau de l'ours avant de "l'avoir signé". Nous n'en dirons donc pas plus mais c'est en effet un des labels que nous voudrions développer sans perdre de vue notre label central, constitutif de Kana: le shônen.
Le fait que plus de seinen apparaissent, ce n'est pas plus mal, cela apporte plus de diversité et donne un meilleur aperçu de l'énorme production japonaise mais de nouveau il ne faut pas non plus que cela mène à l'embouteillage où tout le monde tourne en rond.

Q : Quel titre publié par un de vos concurrents auriez-vous aimé avoir dans votre catalogue ?

Y.S. : Citons "Les trois Adolf" de Tezuka", "20th Century Boys" de Urasawa et "Nana" de Aizawa qui sont chacun dans leurs genres de grande réussites.

Q : Comment choisissez-vous les titres que vous décidez d'éditer ?

Y.S. : Comme nous l'avons expliqué sur le site, nous nous plongeons dans la presse spécialisée japonaise, nous lisons des tonnes de mangas. Nous nous rendons également au Japon régulièrement, tâter le terrain, visiter les éditeurs, les librairies.
La première sélection est de type visuelle, on est attiré par un graphisme. Ensuite, on demande un résumé du tome et on approfondit les choses de plus en plus jusqu'à être convaincu qu'il faut absolument l'éditer. En outre, je ne désespère pas un jour d'apprendre le japonais…

Q : On a eu l’occasion de lire, dans votre portrait paru dans le magazine Animeland n°90, votre projet d’étoffer votre collection « shôjo kana », quels sont les titres déjà prévus ?

Y.S. : Oui, c'est un de nos projets, nous visons quelques titres mais de nouveau, ne vendons pas la peau de l'ours…

Q : Par ailleurs, où en est le sondage paru sur votre forum concernant le choix de votre prochain shônen ?

Y.S. : Nous avons pris note de tous les avis, ils nous ont été utiles pour voir les envies des lecteurs Kana qui ont la chance de se connecter sur notre site www.mangakana.com. Quelques titres sont en préparation également mais il ne faut pas oublier que cela prend souvent de longs mois pour négocier un titre, la multiplication des éditeurs francophones ne va certainement pas faciliter les choses.

Q : Quel est votre programme pour l'année à venir ?

Y.S. : Consolider nos séries shônens, développer les autres labels, lancer le label "Made in Japan" qui sera un label un peu plus littéraire avec les deux premières séries "Le Sommet des dieux" de Taniguchi Jirô et "Number Five" de Matsumoto Taiyo. Nous avons également envie d'approfondir des contacts dans le reste du monde asiatique et de concrétiser des projets coréens différents de ce que l'on a déjà pu voir. Bref, tout cela est en route mais chut, ne le dites à personne !

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