11 Février 2010
Posted in
Business
Le Kindle, le livre électronique de chez Amazon, lancé en 2007 aux Etats-Unis annonce un catalogue impressionnant et une disponibilité dans près de 100 pays. De quoi lire sur écran partout et pour longtemps. Mais à l’heure où les éditeurs français de tous secteurs réfléchissent au livre électronique et à la question du piratage, le manga est-il prêt pour le kindle (et inversement) ? Plus généralement faut-il aller vers le livre électronique ou stopper la marche du progrès ?
Amazon annonce un catalogue de 400 000 titres environ sur lesquels à peine une centaine de références manga (en américain pour l’instant) comptant principalement de la production américaine à dessin manga et du boy’s love pour ce qui est de la production japonaise. Seul titre notoire sur le Kindle Store : Vampire Hunter D de Hideyuki Kikuchi & Saiko Takaki. Clairement le catalogue n’est pas au top...
En même temps, s’agit-il d’un eldorado vers lequel se précipiter ? Si Amazon se targue de 6 ventes kindle pour 10 ventes de livres "physiques" en moyenne sur les titres existants sous les deux formes, aucun vrai chiffre de vente ne transpire, qu’il s’agisse des livres ou de l’appareil. Certains analystes avancent prudemment une estimation à 200 000 exemplaires sur des gros titres, bien loin des millions qu’écoulent des auteurs comme Stieg Larsson ou Dan Brown.
Amazon se targue de 6 ventes kindle pour 10 ventes de livres "physiques"
Notons au passage une étude du cabinet Carbone 4 commandée par Hachette qui indique que le bilan carbone d’un ebook comme le Kindle s’avère 250 plus élevé que celui d’un livre papier, ce qui correspond pour un Français moyen à une quinzaine année de lecture électronique avant d’équilibrer le bilan. Et même si on considère que l’outil favorise une lecture accrue, on tombera difficilement en dessous de 4 à 5 ans qui est probablement la durée de vie d’une telle machine (compte tenue de la course à la technologie). Bref, les Kindle et autres ebooks ne sont pas les amis de la nature, surtout au vu des éléments qui les composent (par opposition au papier – recyclable et éventuellement recyclé – et à l’encre – qui peut-être propre également).
Signalons d'ailleurs que, si techniquement la machine s’apparente à un foudre de guerre pour du roman, son écran en 16 niveaux de gris fait justement grise mine s’il s’agit d’afficher du dessin… Bref, le Kindle ne semble pas spécialement pressé d’accueillir de la bande dessinée et donc du manga. Et c’est peut-être mieux ainsi ! En effet, le manga – produit de masse par excellence – s’est démocratisé avec un prix bas, permettant un accès au loisir à moindre coût. L’acquisition d’un périphérique de lecture numérique correspond plutôt à un public plus adulte, plus solvable.


Le manga est de plus une lecture plaisir où l’objet livre dispose encore d’une place importante, d’où le soin apporté par les éditeurs (ajout de jaquettes, suppléments…). Quant on dématérialise le manga, les lecteurs recherchent alors juste à obtenir assez vite la suite de leurs histoires et se les procurent par tous les moyens ! Les sites de piratage de manga sont légion et l’intégralité quasiment de ce qui se produit au Japon et peut intéresser les lecteurs étrangers est traduit par des hordes de fans.
pourquoi les fans investiraient [...] quand ils peuvent tout obtenir gratuitement ?
Dès lors, pourquoi les fans investiraient dans un kindle et l’achat de leurs e-chapitres quand ils peuvent tout obtenir gratuitement déjà ? Une sacrée bonne question ! Les secteurs de la musique et la vidéo dénoncent (pas forcément à raison mais c’est un autre débat) les méfaits du piratage de leurs œuvres sur Internet. L’avènement de l’accès à haut débit et des formats numériques (DVD, Mp3, DivX, AAC… ) a transformé le paysage. Mais on pouvait encore considérer le livre partiellement épargné. Le piratage d’une œuvre conditionnait un travail considérable (retaper le livre ou le scanner intégralement) et en faisait donc le fait de personnes hautement motivées.
Or, avec l’émergence et la généralisation des formats de livres numériques, la donne change peu à peu. Pirater un livre revient désormais à copier un simple fichier… une opération on ne peut plus basique. Pour preuve, l’émergence d’une section e-books sur les sites de partage de fichiers, section alimentée quotidiennement par les références des différentes plateformes…
Bon, alors tout ça c’est de la jolie théorie. Il est évident que numériser les livres (mangas ou non) ne peut que conduire à une augmentation du piratage et de la contrefaçon. Mais est-ce vraiment évitable. Eh bien non, et c’est là que le bas blesse !
D’une part le piratage du manga par exemple (puisque c’est quand même le thème principal ici) est déjà tellement important qu’il est bien normal que les éditeurs essaient de trouver une alternative légale à proposer aux lecteurs. Il est intéressant d’ailleurs de noter que ce sont les pirates eux-mêmes qui tentent de se racheter une conduite et proposent aux ayant droits de racheter leur site pour en faire une plateforme de consultation légale… S’être enrichit grâce à la contrefaçon et le travail d’une communauté, puis vouloir prendre le pactole et « rentrer dans le rang » en revendant ce site en arguant de statistiques acquises sur ce travail pirate est particulièrement retors…
D’autre part, le train est en marche et maintenant on ne l’arrêtera plus. Alors on peut soit tenter de sauter en marche soit en prendre son parti et essayer de tirer son épingle du jeu. Et là, les différentes querelles quant à savoir quelle solution privilégier et quelle rémunération récupérer ralentissent non pas la marche du train mais plutôt le rythme des voyageurs… Et les éditeurs français doivent désormais accélérer s’ils ne veulent pas finir en bons derniers. En même temps, niveau manga, l’urgence est moins forte puisque les solutions techniques ne sont pas encore complètement au point… à moins que l’Apple IPad ne change tout ?
L'electronique c'est sympa, ca prend moins de place sur une étagère c'est sûr, mais ça perd de son charme. Pouvoir tourner les pages, admirer les covers etc...
Donc que ce soit pour les livres ou les mangas, je préfère rester au format papier ^_^
You need to login or register to post comments.










