
Comme vous l'avez peut-être entendu dans le podcast S03E03, je me suis fendu d'un petit coup de gueule contre le Pass Online mais Offline de Batman : Arkham City. Or, quelques jours après l'enregistrement, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a porté plainte fin novembre contre 4 éditeurs (Bethesda, Codemasters, THQ et Warner) et 2 enseignes (Fnac Direct et Game) pour "pratiques commerciales trompeuses".
Pour l'UFC-Que Choisir, l'information affichée sur les jeux est trop peu explicite et manquante concernant certaines caractéristiques. L'association vise essentiellement un manque d'avertissement concernant les codes d'activation, les DLC et les bugs dont les patches arrivent trop tard, avec parfois plusieurs semaines de délai.
Bien sûr, l'industrie du Jeu Vidéo ne pouvait pas ne pas réagir et l'a fait en la personne de James Rebours, intervenant en tant que président du SELL (le Syndicat des Editeurs de Logiciels des Loisirs) mais également directeur général de SEGA France. Dans son interview à Challenge, M. Rebours pointe du doigt l'enquête sur laquelle se base l'UFC-Que Choisir (non, je n'écrirai pas seulement UFC, bande de fans de catch !) qui est réalisée par ses soins et, selon M. Rebours, orientée puisqu'elle demandait à des joueurs victimes de ces pratiques de se manifester et que, finalement, que sont 500 malheureux face à plusieurs millions de joueurs silencieux ?
Bien sûr, sous-jacent à tout cela, il y a le monde de la revente d'occasion, de laquelle les éditeurs ne tirent pas un centime. Les joueurs savent pertinemment que les codes d'activation ont été créés pour cela, mais selon James Rebours : "Les éditeurs ont adopté les DRM (Digital rights management) pour lutter efficacement contre la reproduction illégale des logiciels. Si cela a un impact sur le marché de l'occasion, ce n'est pas une volonté délibérée." Mais finalement, le marché de l'occasion tue-t-il vraiment celui du neuf et les éditeurs et développeurs ? Ca a beau être fanfaronné depuis quelques mois, il n'en reste pas moins qu'une grande part des joueurs financent leurs achats de jeux neufs en revendant leurs jeux d'occasion !
Finalement, la rédaction de Gameblog a également interviewé Edouard Barreiro, un des directeurs adjoints de l'association. On y apprend que c'est la première intervention de l'UFC-Que Choisir dans le domaine des Jeux Vidéo et M. Barreiro insiste que c'est sur le défaut d'information qu'ils attaquent. Il se rend compte que si on passe au "tout dématérialisé", les éditeurs auront le contrôle entier du contenu mais que ce n'est pas une raison pour leur laisser le droit de tuer le marché de l'occasion. Pas plus dans ce domaine que dans un autre.
Même si certains aspects de la plainte peuvent sembler moins pertinents que d'autres (je pense surtout au délai pour les patches), il faut leur reconnaître le mérite de l'action. À ma connaissance, c'est la première fois qu'on voit une mobilisation des consommateurs dans notre domaine contre les éditeurs et distributeurs. Il faut que ça continue, ne serait-ce que pour protéger les joueurs, en général passionnés. Comment faire autrement que de passer par une association ? En effet, on aura beau demander à un gamer de boycotter, par exemple, tel ou tel produit, je pense que la majorité d'entre eux ne pourrait pas se retenir.
À suivre avec intérêt....
Sources : Gameblog, Le Monde, Challenge,...






















